La Sécurité

Ah la sécurité à bord… tout un monde ! C’est assez surprenant, dans l’enthousiasme de préparer un tel projet, d’être constamment mais sereinement en train d’imaginer le pire pour être le mieux préparés possible. On investit beaucoup d’énergie et d’argent dans des optimisations et des équipements dont on espère jamais se servir !! Mais cela nous apporte une grande tranquillité d’esprit en navigation, particulièrement lorsque les conditions se gâtent. 

Nous avons donc vérifié dans un premier temps que tous les équipements obligatoires sont présents et à jour. 

Voici la liste pour un bateau hauturier (qui navigue en pleine mer, à plus de 6 miles des côtes) : 

  • Gilets de sauvetage
  • Lignes de vie
  • Lampe torche étanche ou autre moyen lumineux individuel 
  • Extincteurs
  • De quoi assécher le bateau (écope, pompe manuelle, …)
  • Dispositif de remorquage (bouts, …)
  • Ligne de mouillage (ancre, chaîne, …)
  • Le bloc marine comprenant : l’annuaire des marées, le règlement international pour prévenir les abordages en mer, la description du système de balisage, le livre des feux, etc.
  • Pavillon (drapeau) national
  • Bouée fer à cheval (bouée à jeter pour un homme à la mer, à laquelle est attachée une lampe flottante qui s’allume automatiquement lorsqu’elle est dans l’eau) 
  • Feux rouges à main (feux de détresse)
  • Compas magnétique (non électronique)
  • Cartes marines (papier ou numérique)
  • VHF fixe et portative
  • Radeau de survie
  • Matériel pour faire le point : compas (comme à l’école mais en beaucoup plus beau!!), règle de cras, carte
  • Journal de bord
  • Dispositif de réception des bulletins météorologiques (BLU, applications, …)
  • Balise de détresse*
  • Trousse de secours
  • Dispositif lumineux pour la recherche et le repérage de nuit (gros spot branché en 12v)

*Balise de détresse : balise qui émet la position gps et les coordonnées du navire en cas d’activation. Elle était périmée, nous avons donc dû la réviser (ce qui consiste à faire changer la batterie). Seuls les constructeurs le font? Nous sommes passé par AD Frejus (shipchandler) pour leur envoyer. Il fallait également mettre à jour le numéro MMSI (numéro attribué qui reprend diverses informations sur le bateau et les propriétaires – ces informations sont transmises au centre de secours en cas de détresse).

Balise de détresse

Ensuite nous avons essayé de creuser plus loin que le minimum légal, de nous imaginer dans les pires conditions en ne comptant que sur nous. Encore une fois merci Erick de nous avoir poussé délicatement mais sûrement vers cet état d’esprit!

Mouillage

Nous avons vérifié qu’il y ait bien un point d’amarre au fond de la baille à mouillage (ce serait bête de descendre toute la chaîne et de la perdre au fond de l’eau parce qu’elle n’est pas reliée au bateau!!)

Après le départ, nous avons également changé notre ancre. En effet nous dérapions souvent au mouillage, sans que nous arrivions à comprendre pourquoi. Certainement, nous n’avions pas la méthode optimale au début, mais pas seulement. En creusant le sujet nous découvrons les limites de la forme de cette ancre qui explique une difficulté d’accroche. Nous avons vu une démonstration dans un mini bac à sable avec différents modèles miniatures : c’est flagrant. Le mouillage représentant 98% de nos nuits, nous ne doutons pas longtemps sur la nécessité d’avoir une ancre plus performante et sur laquelle nous pouvons compter. Nous optons pour une ancre Delta de 20kg. Nos mouillages en ont été transformés!! Autant sur la rapidité de prise, que sur la tranquillité d’esprit en cas de départ du bateau et/ou de fort coup de vent.

Autre investissement pour les mouillages : un amortisseur d’amarre pour soulager le bout de la main de fer (bout que nous accrochons dans la chaîne au mouillage afin d’éviter que ce soit le guideau électrique qui retienne le bateau. Ce dernier est conçu pour dérouler et enrouler la chaîne à la descente et montée de l’ancre mais il n’est pas fait pour tracter ou retenir le bateau une fois ancré.

Autre petit détail, nous avons installé des repères de couleur sur la chaîne pour indiquer les 10m, 20m, 30m et 40m. Il y avait déjà de la peinture en guise de repères mais elle s’écaille avec le temps et nous ne voulions pas avoir des pots de peinture à bord pour ça. Noter ces repères donne une bonne estimation de la longueur de chaîne que nous mettons lors d’un mouillage. En principe il faut mettre au moins 3x la profondeur d’eau dans laquelle nous ancrons. 

Gréément

Notre pataras (hauban – câble qui retient le mât – arrière) est un pataras hydraulique. Un vrai matos de compèt!! Sauf que c’est un système assez subtil et le démontage/remontage peut être source de déconvenues. En cas de problème avec le système hydraulique, et si nous n’arrivons pas à le résoudre nous-mêmes, nous avons alors prévu un système de palan (poulies multiples), du même type que ceux des catamarans, pour remplacer la partie hydraulique. 

Nous avons réalisé une inspection visuelle, la plus poussée et factuelle possible, de l’ensemble du gréement dormant. Jed a pris place dans le siège de mât, et pour le hisser Piline à contracter ses gros muscles … de pouce 😁 (pour appuyer sur le bouton du winch électrique!) : Points de rouille, torons qui se détachent, … tout doit être passé au crible. Bilan des courses : petit doute sur les bas haubans (ceux qui engrangent le plus d’efforts), nous décidons donc de les changer. L’idée de les démonter nous-mêmes, d’aller les porter à un gréeur pour qu’il nous refasse les mêmes et de remonter les nouveaux nous-mêmes m’effrayait énormément ! C’est sûr, le mât va tomber !!! 😱 En fait non 😁 Ce n’est en effet pas très compliqué, et le mât est resté bien sage le temps que nous fassions tout ça!

2bas-hauban

Survie

Le radeau de survie à une durée de vie de 18 ans (15ans pour ceux antérieurs à 2012) et doit être révisé tous les 3 ans. Pas de chance, celui du bateau fête ses 15 ans ! Nous devons donc en acheter un nouveau. Nous choisissons un modèle PLASTIMO hauturier pour 6 personnes (on ne voulait pas se priver de navigations hauturières avec des proches à cause d’un équipement trop restrictif), d’une capacité >24h (même si on espère s’en sortir en moins de 24h!!), catégorie ISAF (conçu avec un double fond rendant l’accès au radeau plus facile – paraît-il qu’avec les gilets gonflés, un peu de mer et la panique, monter sur le radeau est un challenge à part entière!). 

Et maintenant, la partie la plus fun de nos préparatifs sécurité : essayer la survie périmée !! On attend un mouillage calme avec de la place, et hop c’est parti ! On amarre la survie au bateau, on la lance à l’eau, on tire énergiquement sur le bout prévu à cet effet (il faut tirer fort et plusieurs fois). Ça y est les coques blanches s’ouvrent et le radeau se gonfle. En moins de 20 secondes le radeau est suffisamment gonflé pour nous accueillir. Maintenant, à l’eau ! On monte sans difficulté (les conditions de mer étaient évidement très calmes). A bord nous sommes comme dans une petite cabane. On découvre milles trésors : couteau (notamment pour couper l’amarre qui relie le radeau au bateau une fois que tout l’équipage est monté, ce qui évite de sombrer avec le bateau), un petit matériel de pêche, des rations d’eau et de nourriture, une lampe étanche, une pagaye, un carnet très bien fait sur comment survire, … Expérience très instructive !! 

Quant à la nouvelle survie, nous l’avons positionnée sur le pont, entre le mât et la trinquette (petite voile d’avant). Il a fallu encore une fois faire des trous dans le bateau pour fixer les cales la supportant.

 

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Enrouleur de cordage

Nous en avons installé un sur l’arrière tribord, avec plus de 80m de bout flottant. L’idée est de pouvoir faire dérouler le bout flottant (si possible avec un parre-battage accroché à l’extrémité) en cas d’homme à la mer. La personne dans l’eau peut s’accrocher au bout qui déroule même si le bateau continue d’avancer, et la personne sur le bateau peut manœuvrer avec suffisamment de distance pour récupérer l’homme à la mer. 

Narguilé

Nous avons investi dans un compresseur d’air. Même principe qu’une bouteille de plongée sauf que nous ne sommes pas limités en air et ne devons pas la recharger (puisque nous créons l’air compressé au fur et à mesure avec la machine). Cela sera une aide précieuse pour gérer des problèmes sous le bateau (ancre, sondeur, hélice, …) et nettoyer la coque.

Feu cale moteur

Puisque nous n’avons pas assez fait de trous dans le bateau (!), nous en avons encore fait un dans les escaliers afin de permettre l’utilisation d’un extincteur vers l’intérieur de la cale moteur sans ouvrir les portes de la cale (ce qui produirait un gros appel d’air et alimenterait le feu). Nous avons bouché le trou avec une pinoche facile à enlever (bouchon en bois de forme conique utilisé pour boucher rapidement une voie d’eau).

A propos de pinoches, nous en avons positionné une de la bonne taille à côté de chaque passe coque. 

Compas

Tous nos instruments de navigation sont à l’extérieur, au poste de barre. Nous avons ajouté un compas à l’intérieur du bateau. En cas de situation compliquée où nous devrions être tous les deux à l’abris dans la cabine, laissant le bateau voguer seul comme un grand, nous aurons ainsi depuis l’intérieur une indication basique du cap que nous prenons.

Gilets

Nous avons vérifié le système des gilets auto-gonflants en les dépliant et en inspectant :

  • l’état général du gilet (propreté, coutures, etc.)
  • la couleur verte de la pastille indicative 
  • l’accroche du  sifflet
  • l’accessibilité et la propreté de l’embout de gonflage manuel
  • l’accessibilité du déclencheur manuel 
  • le poids de la bouteille de CO2 (indiqué sur la bouteille)

Barre de secours

Nous avons essayé d’installer la barre franche de secours. Et on a bien fait car le montage n’est pas si fluide que ça. Mieux vaut savoir en avance les manipulations a effectuer.